Un cinéaste dont le nom m'échappe, sur une chaîne culturelle dont le nom m'échappe:
"Regarder des films ne sert à rien, il suffit de regarder un ou deux films dans sa vie pour se forger un regard, les regarder encore et encore". Je cite de mémoire, probablement approximativement. Cela m'a fait penser à un verset de la Bible, une parole du roi Salomon me semble-t-il, qui déclare sans ambages qu'"à lire beaucoup de livres il n'y a pas de fin", que cela est "fatigant".
Je me rappelle à l'époque avoir été interloqué par cet apparent philistinisme du sage roi hébreu. J'ai encore été interpellé par la déclaration péremptoire de ce cinéaste. En songeant au "gai savoir" Nitzschéen, on ne peut qu'avoir une soif avide de lecture(s) du monde et se pencher sur les différents media artistiques qui nous sont offerts .
Notre époque, caractérisée par une surproduction culturelle massive produit pourtant des individus carencés émotionnellement, intellectuellement et culturellement. La métaphore alimentaire présente ici en creux est ici très appropriée. On ne peut manger beaucoup et bien. Tout excès est potentiellement nocif. Dans notre société surinformée et "surdésinformée", plus le temps de mâcher, de digérer, d'assimiler. On lit un livre en pensant au prochain. On voit un film comme on mange un hamburger, sans y penser. Avez-vous déjà essayé de vous remémorer l'intrigue du film que vous avez vu hier soir, du livre que vous avez lu cet été? Trop souvent, l'acte de mémoire est impossible. Ils vous échappent, inexorablement. Image d'une mémoire saturée devenue inefficace.
Alors la sagesse de ces propos prend toute son ampleur.
La réflexion ne se fonde pas sur l'abondance des idées mais sur leur précision et leur pertinence. Le geste juste se rapproche de la pensée juste, comme dans certains arts martiaux ou pensées orientales. Et juste ne signifie pas étriqué...
S.
"Regarder des films ne sert à rien, il suffit de regarder un ou deux films dans sa vie pour se forger un regard, les regarder encore et encore". Je cite de mémoire, probablement approximativement. Cela m'a fait penser à un verset de la Bible, une parole du roi Salomon me semble-t-il, qui déclare sans ambages qu'"à lire beaucoup de livres il n'y a pas de fin", que cela est "fatigant".
Je me rappelle à l'époque avoir été interloqué par cet apparent philistinisme du sage roi hébreu. J'ai encore été interpellé par la déclaration péremptoire de ce cinéaste. En songeant au "gai savoir" Nitzschéen, on ne peut qu'avoir une soif avide de lecture(s) du monde et se pencher sur les différents media artistiques qui nous sont offerts .
Notre époque, caractérisée par une surproduction culturelle massive produit pourtant des individus carencés émotionnellement, intellectuellement et culturellement. La métaphore alimentaire présente ici en creux est ici très appropriée. On ne peut manger beaucoup et bien. Tout excès est potentiellement nocif. Dans notre société surinformée et "surdésinformée", plus le temps de mâcher, de digérer, d'assimiler. On lit un livre en pensant au prochain. On voit un film comme on mange un hamburger, sans y penser. Avez-vous déjà essayé de vous remémorer l'intrigue du film que vous avez vu hier soir, du livre que vous avez lu cet été? Trop souvent, l'acte de mémoire est impossible. Ils vous échappent, inexorablement. Image d'une mémoire saturée devenue inefficace.
Alors la sagesse de ces propos prend toute son ampleur.
La réflexion ne se fonde pas sur l'abondance des idées mais sur leur précision et leur pertinence. Le geste juste se rapproche de la pensée juste, comme dans certains arts martiaux ou pensées orientales. Et juste ne signifie pas étriqué...
S.
